Imprimer

|
ART
& DÉCORATION - Décembre 2005 - N° 420
Symboles de métissage
 Mariage
de terre, de fils et de mots, calligraphie d’inspiration japonais
ou arabe, les œuvres de Sylvian Meschia fusionnent les cultures.
Il est, sur la
terre occitane, un céramiste qui
fait parler les objets. Pots, boîtes, carreaux, tissus, papier,
teintes chaudes, ciselures où se fond l’écriture,
tous racontent une histoire. Bribes de citations et de poésies
sont mêlées à la graphie arabe ou la calligraphie
japonaise, reformulées dans une gestuelle très libre. De
cet alphabet réinventé jaillit un message limpide. Magie
de la fusion de la terre et du savoir-faire d’un homme qui a su
créer et retranscrire dans un vocabulaire personnel sa foi dans
le métissage et dans la paix.
Sylvian Meschia est méditerranéen. Né en Algérie
il vit jusqu’à douze ans dans l’éblouissement
du Sud. Sur les bancs de l’école, il suit un enseignement
d’arabe littéraire et pratique l’écriture calligraphique
sur des tablettes d’argile. Puis, il arrive en France. Au lycée,
il sait qu’il exercera un métier manuel et artistique. Il
est tour à tour tourneur, puis régisseur-scénographe
pendant sept ans. Enfin, il s’installe céramiste dans le
Volvestre.
Il réalise alors un bel utilitaire coloré, mais très
vite, il enrichit sa production de vases et de pots jaspés. Dans
les années 1990, le désir de retrouver ses racines l’entraîne
à créer les vases, les boîtes, les carreaux où
ressurgissent des textes calligraphiés, réminiscences de
l’écriture arabe pratiquée dans son enfance. Au fil
du temps, il réinvente l’Orient, le pinceau remplace le bambou
et, tel un danseur muni d’un katana ou d’une tabouka (sabres
japonais et touareg), entaille l’émail frais pour une nouvelle
écriture. Son œuvre foisonnante est une ode au métissage
des cultures.
Marlène Marcos |