Le Nouveau livre

Le Grand Presbytère à Martres-Tolosane

La préface de Serge Pey
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Le Grand Jardin in Marciac

Le Texte de Diane Saunier

LE GRAND JARDIN… CHAMP LIBRE !

Nous le connaissions comme Plasticien, Céramiste et Calligraphe  et voici Sylvian Meschia Jardinier et Scénographe pour cette nouvelle expérience-Évènement lors du Festival de Marciac de la saison 2014.

Parfum d’enfance et Grande Mémoire

Dès l’entrée dans le Grand Jardin, la magie du souvenir est instantanée : celle du jardin de la grand-mère, du grand-père ou du curé, des grandes vacances d’une enfance envolée, d’un premier bonheur gravé…

Soudain, l’effervescence du festival s’efface, absorbée par les murs de ce jardin enclos. Seules, des notes de silence, une lenteur nouvelle des promeneurs, une intensité de paix. Nous sommes à la croisée d’un jardin médiéval de cloitre et d’un jardin des délices méditerranéen. Un espace d’intériorité s’ouvre, dans lequel la tomate devient miracle du sacré de la Vie… Première surprise de découvrir que l’artiste est aussi le jardinier !

Sur la mince passerelle de bois qui relie le Potager artistique et le Petit Musée Cabanon Éphémère Meschia, près de 60 000 visiteurs ont traversé cet ilot d’une biodiversité artistique insolite, avant d’accéder aux 2 salles d’exposition des Granges.

Paysages d’Écritures et biodiversité

Quel inattendu métissage d’espèces végétales et céramiques que ce vrai jardin créé dès le printemps par Sylvian Meschia, dans un esprit à la fois villageois et freestyle. Plus qu’une cohabitation, une fusion et une nouvelle unité entre les lois de nature et celles de l’artiste, une « nouvelle économie » poétique, artistique et végétale.

Naturellement artiste et jardinier dans sa vie, amoureux des fusions de  matière, d’univers, de références artistiques, calligraphiques et culturelles, Sylvian Meschia a fait alliance avec la nature dans une étonnante et globale création paysagère. Un paysage où les écritures imaginaires se fondent dans les ombres et lumières végétales, redessinées à chaque instant.

Dans ce concentré d’une culture villageoise en voie de disparition, la cabane du jardinier et ses poteries cassées, le vieux vélo rouillé, la fenêtre au carreau manquant posée au sol, les stèles espiègles du petit cimetière imaginaire de campagne, viennent dialoguer avec les tomates, et nous parlent de cycles, de vie, de mort et de métamorphose. Ce  jardin vivant raconte la vie, ses archétypes, interactions et imbrications constantes.

Vagabondages inspirés

Dans le désordre apparent du potager où roses, potirons, courgettes et tomates rivalisent de rondeurs et de couleurs, Sylvian Meschia a créé un espace de vagabondage des sens et de l’esprit.
Inspiré par le génie naturel du vivant, par son foisonnement, sa liberté  et sa générosité, il propose des rencontres d’espèces inédites.

Jarres dormantes le nez dans les citrouilles, amoncellements d’amphores, tessons de tasses et de poteries…
Ici, les ébréchés sont recyclés, la céramique retrouve la terre dont elle vient, riche de la mémoire de la main de l’homme qui lui a donné forme.  Devenue archive et débris de la terre, elle participe à la beauté de l’ensemble.

Comme chaque année, Sylvian nous surprend par ses dernières créations qui semblent là depuis toujours et dont on se dit aussitôt : mais pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt !

Fleurs de céramique  bleutées dispersées parmi des roses intenses et des potirons orange, forêts miniatures de bâtons de pluie et d’écritures qui évoquent les objets de cérémonie des peuples premiers, pieds de tomates grimpant le long de Piquets-Bouchons azuréens, tonneaux cerclés tels ces grands rouleaux ventrus d’imprimerie, pots, bocs, et poteries disloquées… tout est naturellement à sa place dans une nature qui ne rejette rien et recycle chaque parcelle de vivant…

Étranges invités

Dans cette œuvre-composition symbiotique de la nature et de l’homme, vient se superposer un monde autre, ancestral, chamanique.

Masque de copeaux de terre couleur argile, le Gardien du Jardin, l’un des thèmes directeur dans l’œuvre de Sylvian Meschia, veille sur ce minuscule Éden. Il est accompagné d’étranges figures et de masques « gargouillesques », déviques, facétieux souvent, ainsi que l’on imagine les esprits de la nature. Mais toujours hors temps, sortis d’une intra terre mystérieuse ou débarqués d’une de ces exo-planètes qui fascinent nos scientifiques.

Minuscule Éden et pourtant Jardin Monde, un monde d’une liberté joyeuse et interdépendante, celle des contes où le minéral, le végétal, l’animal et le subtil dialoguent  dans une langue universelle, où les mariages les plus improbables sont dans l’ordre naturel et illimité de la Vie.

Le souffle léger d’un parcours initiatique

Il reste à franchir le Portique calligraphié, fil rouge de l’œuvre de Sylvian, pour un accès direct à la salle des Écritures, offertes à l’éternité.  Quelques marches plus haut, la salle des Molécules vient en rappel de la Danse des Mondes qui lui est chère.

Là, un balcon posé au dessus du Grand Jardin… C’est alors que le visiteur découvre l’évidence du parcours initiatique qui l’a guidé pas à pas, comme aspiré par un souffle mystérieux, tel celui du derviche tourneur qui jamais n’arrête sa danse infinie de pure célébration de la beauté des mondes.

Diane Saunier - Écrivain, Coach
Fondatrice des Arts de l’Eveil
http://artsdeleveil.net