Né en Algérie en 1952, Sylvian Meschia a passé son enfance en Afrique du Nord et les formes, couleurs et sensations qui entouraient ses jeunes années se retrouvent dans la profusion et l’exubérance de son travail aujourd’hui. Contraint de quitter ce pays de soleil et de souvenirs à l’âge de dix ans, il termine ses études dans la région toulousaine, où il découvre, grâce à son professeur de philosophie, lui-même peintre, l’art moderne, tout particulièrement les abstraits de l’Ecole de Paris, tels que Soulages, Tàpies ou Hartung et les grands poètes,René Char,Philippe Jacottet,Saint John Perse… Une rencontre avec le maître verrier Henri Guérin l’oriente vers l’atelier de ceramique de l’Abbaye bénédictine de Tournay où il apprendra pendant un an le tournage auprès du Frère Jean-Baptiste.

 

Le début des années 70 sera comme un retour aux sources : il parcourt la Tunisie en mobylette, apprenant son métier de céramiste chez les artisans locaux rencontrés sur son chemin. De là, on le retrouvera en Angleterre, au pays de Leach, pour parfaire son apprentissage au Kate Weawer Studio avant de revenir en France, où il passera sept ans en Avignon, régisseur au Festival, passionné de photo, sérigraphie, vidéo, scénographie. Il s’installe enfin en 1981 dans les coteaux du sud toulousain, créant son vaste atelier que jouxte une magnifique salle d’exposition, dans une ancienne ferme face aux Pyrénées, où il vit et travaille actuellement avec son épouse anglaise et où furent élévés leurs cinq enfants ,s’échappant de temps en temps pour donner des cours aux beaux-arts de Barcelone et partager l’âtelier de son amie ,la grande Merce Mir,sur les toits au dessus des Ramblas.

 

 

 

Aujourd’hui le travail de cet artiste atteint une portée universelle. Il suscite l’intérêt de réalisateurs (un documentaire primé, d’autres à venir pour Arte et la BBC), d’écrivains (invité à Lettres d’Automne, Le Marathon des Mots ; collaboration avec des romanciers français et américain). De nombreuses invitations prestigieuses s’offrent à lui : mais pour Sylvian Meschia la simplicité reste de mise ; profondément ancré en terre occitane, il choisit délibérément de déployer ses énergies créatives loin des grandes capitales, dans sa région d’adoption pour s’attaquer à des projets, tous aussi originaux que démesurés, mais qui lui procurent la liberté de continuer de cultiver son jardin face aux Pyrénées.